Au Cameroun, l’accès au titre foncier reste un véritable parcours du combattant pour les populations démunies. Procédures complexes, coûts élevés et lenteurs administratives découragent de nombreux citoyens, les poussant souvent à la résignation. Pour répondre à cette problématique, le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), avec l’appui de la GIZ-ProPFR, a mené trois années de réflexion afin de simplifier la sécurisation des terres.
Cette démarche a abouti, le 20 février 2026, à la publication d’une lettre circulaire instituant deux documents intermédiaires entre l’usage coutumier et le titre foncier?: l’attestation de reconnaissance des droits fonciers coutumiers et l’attestation de jouissance paisible des terres. Gratuits et délivrés par les chefs de village ou de quartier, ces documents représentent une avancée majeure pour les populations vulnérables.
Leur utilité est multiple?:
- Ils peuvent servir de preuve dans une procédure d’indemnisation pour justifier la propriété des constructions ou des mises en valeur réalisées sur un terrain.
- Ils offrent une solution aux petits producteurs, notamment dans le cadre de la réglementation européenne sur la déforestation, en attestant de leur droit d’usage des terres cultivées.
- Ils permettent aux femmes mariées, veuves ou divorcées de démontrer qu’un terrain leur a été légué par leur famille.
Cette innovation marque un tournant vers une justice foncière plus inclusive. Elle ouvre la voie à une sécurisation progressive, adaptée aux réalités locales, et redonne espoir aux populations longtemps exclues des procédures classiques.
Par Alain DJAWA WALIDJO.
Le RURAL.INFO Bulletin d'information publié par Earth Cameroon