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« DES OPTIONS DE DÉVELOPPEMENT SANS DÉTRUIRE LA FORET »

efeehjjgMATTHEW CASSETTA : « PROPOSER AUX COMMUNAUTES DES OPTIONS DE DEVELOPPEMENT SANS DETRUIRE LA FORET »

LE REGARD DE L’AMERICAIN FACILITATEUR SORTANT DU PARTENARIAT POUR LES FORETS DU BASSIN DU CONGO A LA FIN DE LA 15EME CONFERENCE DE CETTE ENTITE TENUE DU 15 AU 19 JUIN A YAOUNDE.

Que peut-on retenir de la Conférence de la facilitation tenue à Yaoundé du 15 au 19 juin 2015 ?

D’abord, je suis très content de voir le travail qui a été effectué par les six groupes techniques et les grandes recommandations qui ont été faites. Chaque équipe a fait une recommandation et dans cette recommandation, il y avait la nécessité de regrouper et de convoquer un dialogue interministériel pour traiter des sujets intergouvernementaux qui peuvent impliquer le ministre des Mines, de l’Agriculture, de l’Environnement, etc.

La conférence s’est tenue à quelques semaines du Sommet de Paris et un point à l’ordre du jour était de revoir les communications de certains pays. Selon vous, que doit contenir une bonne communication ?

Dans les communications qui doivent être envoyées au secrétariat de la convention, il y a un document qui décrit au plan national comment chaque pays contribue à l’effort international de réduction de la température en dessous de 2 degré. Ainsi, chaque pays dans le document explique quelles sont les différentes mesures qu’il prend sur les questions du changement climatique. Toutefois, il y a le Mexique en Amérique latine et le Gabon dans le bassin du Congo qui ont déjà déposé leurs documents de stratégie nationale de la réduction de la température. Pour les autres pays du bassin du Congo, l’appel a été lancé et nous espérons qu’ils déposeront d’ici octobre leurs documents auprès du secrétariat de la convention.

Quels appuis avez-vous apportés à ceux-là pour l’élaboration de bons plans de communication ?

Nous avons fait venir pendant la conférence tous les points focaux, tous les négociateurs des climats des dix pays d’Afrique centrale afin de renforcer leur capacité en termes de négociations et la préparation dans le cadre de la stratégie nationale. Et nous espérons qu’au terme de cette conférence, ils ont été bien outillés pour pouvoir rédiger leur stratégie nationale.

Comment a été la facilitation pendant le processus ?

Ces deux dernières années, nous avons travaillé sur plusieurs points pendant les différents voyages. Nous avons par exemple utilisé le cadre des visites de terrain pour non seulement échanger directement avec les partenaires, mais aussi avec les réseaux de société civile dans la plupart des pays de la sous-région d’Afrique centrale. L’on a vu par exemple la transition du président en exercice de la Commission pour les forêts d’Afrique centrale (Comifac) passer du Tchad au Burundi en janvier 2015. On a beaucoup travaillé avec la Comifac et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac) pour mieux achever l’harmonisation des programmes du côté technique car il y a une grande synergie de ce côté-là. En outre, le consortium académique vient de lancer un centre de recherche scientifique à Nkolbisson (Yaoundé). Il y aura beaucoup de laboratoires qui seront au service du Cameroun et plus globalement des chercheurs de la       sous-région afin de comparer les données. Pendant la conférence, huit leaders de la société civile ont reçu des prix d’excellence dans des catégories diverses, car ils sont considérés comme des étoiles pour le changement constructif. Il faut véritablement s’engager aux côtés de la société civile car elle est le vrai gestionnaire sur le terrain pour ce qui est des villages. Nous voyons qu’ils font de vrais changements pour créer des espaces de participation civile en faveur de l’environnement, pour combattre le braconnage.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées pendant votre mandat de facilitateur ?

Nous avons fait le plaidoyer devant les pays afin qu’ils s’ouvrent encore plus en termes d’information et en termes d’obtention de visas ; car nous recevons beaucoup de plaintes de ceux qui s’intéressent à la          sous-région. En effet, la collaboration n’est pas encore totalement effective à cause des barrières de visite, il faudrait dès lors faciliter cette cohésion entre les pays de la sous-région. Nous pensons qu’il est dans l’intérêt de la sous-région de s’ouvrir un peu plus à ceux-là qui peuvent leur apporter des choses intéressantes, des expériences, des dons, etc.

Vous avez dit que vous encouragez la collaboration entre les différents les ministères car l’un des obstacles à la conservation de la biodiversité dans le bassin du Congo c’est l’exploitation minière, agropastorale et agroindustrielle par des ressortissants de l’occident. Comment concilier cela ?

Nous nous sommes beaucoup entretenus avec les ministères, car ils doivent faire partie des débats. Nous considérons beaucoup plus les parlementaires dans ces débats et nous pensons qu’ils sont bien situés pour proposer des solutions et des innovations concrètes. En ce qui concerne le secteur privé, nous avons beaucoup discuté avec les operateurs économiques et certaines entreprises étrangères qui opèrent dans la sous-région sur nécessité de la pratique avec un minimum de pollution sur l’environnement.

Les populations à l’instar de celle de la République démocratique du Congo qui se plaignaient de Green peace sur les antennes d’une radio internationale pensent que l’Occident ne veut pas qu’elles se développent avec leurs ressources naturelles. Qu’en pensez-vous ?

De prime abord, on constate qu’il faut avoir un développement durable dans la sous-région, ceci est bien visible dans le statut de la Comifac. Cela entre dans les objectifs principaux de la Comifac. Nous avons eu une question technique sur l’économie verte et nous nous sommes demandés ce qu’il faut faire, proposer aux communautés des options de développement sans détruire la forêt. Il faut réduire les barrières d’investissement pour mieux attirer les entreprises. Je pense que Green peace est une organisation non gouvernementale et l’appel qu’elle a lancé, à mon avis, relevait de l’ordre de la pratique du permis forestier.

Croyez-vous que les pays ont les moyens leur permettant de respecter des principes comme la traçabilité du bois qui nécessite un matériel de pointe ?

La traçabilité du bois est un objectif à long terme. En effet, depuis la création de la fondation en 2002, nous essayons de mettre en place des systèmes au niveau national pour assurer la traçabilité du bois. Il y a le processus de l’Accord partenariat volontaire pour le commerce (Apv/Flegt) qui est soutenu par l’Union européenne, c’est l’une de leurs approches. Le système avance pour certains mais ce n’est pas encore opérationnel. Je suis encouragé car il y a la République du Congo qui a annoncé des constructions certifiées.

Toutes les attentions sont plus portées sur le bois en exploitation alors que des études montrent que le Cameroun perd des devises dans le bois domestique …

On a abondamment étudié ce sujet lors de la session technique, et les partenaires ont exposé plusieurs pistes. Cela fait déjà un an qu’une plate-forme commune a été mise en place pour voir comment réglementer l’activité du bois domestique ; et je pense que c’est une question qui va trouver une solution. Le dialogue commun est bel et bien effectif. Ce domaine n’est pas développé comme les exploitations du port de Douala.Il y a des suggestions venant de quelques pays dans les régions des grands lacs en Afrique et dont la plupart des bois sont utilisés pour le chauffage dans les maisons, pour la cuisson, mais ici c’est un peu différent car on l’utilise pour la construction. On a proposé de mieux analyser les options nationales des petits operateurs privés à la légalité. Il s’agit de faire en sorte que le bois artisanal devienne légal et chaque pays devrait réfléchir sur la manière de mettre ce bois dans le circuit légal. C’est une superficie importante d’environ cinq millions.

Pensez-vous que la Réduction des émissions de gaz dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (Redd+) est une solution idoine même pour le citoyen lamda qui n’y trouve pas son intérêt ?

La Redd+ pourrait être une solution car c’est un modèle qui peut être développé. Il y a très peu de cas opérationnels mais il y a des exigences techniques. Le marché de carbone est un flux. Il faut étudier dans ce domaine, cela pourrait être développé et devenir une industrie assez importante.

Quel est votre apport dans la nouvelle facilitation ?

Notre apport dans la nouvelle facilitation serait de servir d’appui aux pays européens dans la formulation de la feuille de route pour mieux envisager les axes d’intervention. Il peut y avoir un axe sur la biodiversité car nous sommes tous concernés et très préoccupés parce qu’en l’espace de quelques années on va perdre cette biodiversité.

Pour ce qui est du braconnage, connaissiez-vous certaines réalités  locales avant de vous lancez dans l’accompagnement ?

La criminalité faunique est très forte et implique les autorités compétentes, les directeurs de parc, la police, les autres forces de sécurité. Et la violence n’implique pas seulement les mammifères car des éco-gardes sont parfois tués dans quelques pays.

En décembre prochain, le monde va se réunir à Paris pour le sommet de tous les enjeux. Comment avez-vous préparé ce sommet en tant que facilitateur ?

Le groupe technique de la Comifac se charge de formuler une stratégie sous régionale avec tous les ministres avant d’aller à Paris en décembre. Ayant vu le processus, je pense qu’il est un peu difficile de se mettre d’accord avec les pays mais les atouts de la biodiversité du carbone donnent une vraie puissance au bassin du Congo dans les débats. Chaque Etat est libre de faire ses propositions et les dix pays concernés sont appuyés par les partenaires pour pouvoir développer leur position commune. Et cette position est construite à travers la participation de chaque pays du bassin du Congo. Et par la suite cette proposition va être présentée aux ministres avant la Cop21. Et il y a toujours des événements en marge de ces réunions.

Les medias en cette période jouent un grand rôle, comment     avez-vous travaillé avec les journalistes pendant la facilitation ?

On a impliqué les médias du Réseau de communicateurs du bassin du Congo dans toutes les réunions qu’a on a organisées. On pense dès lors que l’accompagnement est très important et qu’il faut travailler avec ces derniers.

Propos recueillis par Adrienne Engono Moussang et Ariane Makamte (stagiaire)

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