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LA RECLAMATION D’UNE LEGISLATION FORTE, AMBITIEUSE ET EFFICACE DES PAYSANS ET RIVERAINS DES AGROINDUSTRIES D’HEVEA DU CAMEROUN A LA COMMISSION EUROPEENNE DE LUTTE CONTRE LA DEFORESTATION IMPORTEE

téléchargerJusqu’en janvier 2022, les propositions législatives de la Commission Européenne de lutte contre la déforestation importée portaient sur le bois, le cacao, le café, l’huile de palme ainsi que certains produits dérivés comme le cuir, le chocolat et les meubles à l’exception d’autres produits tels que l’hévéa.

            Cet état des choses avait retenu l’attention des Ministres Européen de l’environnement qui avaient décidé que « la question de l’extension du champ du règlement à d’autres produits de base, tels que l’hévéa » sera débattu lors des prochaines semaines.

            C’est ainsi qu’au courant du mois de mars 2022, période pendant laquelle le Parlement Européen et les Etats membres de l’Union Européenne se penchaient sur la proposition de la Commission Européenne pour un nouveau règlement relatif aux produits liés à la déforestation, les paysans et riverains des agro-industries d’hévéa du Cameroun, ont fait part de leurs doléances dans une lettre ouverte en insistent sur l’intégration de l’hévéa et les droits humains dans la nouvelle règlementation.

            Dans cette lettre, les paysans et riverains des agro-industries d’hévéa du Cameroun demandent avec hardiesse à cette commission de s’assurer que cette nouvelle réglementation soit forte, ambitieuse et efficace. De ce fait, elles réclament d’« inclure le caoutchouc ou l’hévéa dans la liste existante des produits à risques de déforestation et dégradation forestière » et d’ « Intégrer les droits humains et de prévoir un mécanisme qui permettra l’accès à la justice aux victimes potentielles d’exportation des produits teintés par la déforestation et la violation des droits de l’homme ».

            Selon ces populations, le refus de prendre en compte le caoutchouc dans la nouvelle réglementation européenne constituera une « omission inacceptable », car « Suite aux opérations des entreprises productrices d’hévéa qui impactent les forêts, l’environnement, les droits et les vies des communautés locales. Nos terres sont convoitées par ces grandes entreprises qui manifestent clairement les intentions d’étendre leurs plantations. Malheureusement les zones sollicitées pour lesdites extensions sont forestières. Ces forêts représentent pour nos communautés, une source de richesses, dans les domaines culturels, mystique, thérapeutique, environnemental et économique ».

            En effet, les communautés riveraines et les travailleurs dans ces entreprises affirment d’après cette lettre être « victimes de violations des droits humains y compris d’insécurité de tenue foncière, droits coutumiers, des restrictions de leurs libertés, des discriminations du fait des activités des entreprises qui placent les produits sur le marché européen ». De ce fait, elles estiment qu’« Abandonner les communautés et travailleurs victimes des abus des plantations d’hévéa dans une telles précarité est pathétique alors que la forêt, les terres, où ils puissent l’essentiel de leurs moyens de vie et qui constituent leurs principales ressources sont abusivement exploitées et produisent des revenus colossaux à ceux-là qui les spolient».

            S’est donc préoccupé par le fait que la nouvelle loi ne garantisse pas leur droit, que les paysans et riverains des agro-industries d’hévéa du Cameroun ont écrit à la Commission Européenne de lutte contre la déforestation importée pour demander que la nouvelle loi « inclut des obligations en matière de respect des droits humains internationalement reconnus et de garantie que les produits exportés et mis sur le marché de l’Union Européenne ne soient pas liés à des violations des droits de l’homme, en particulier des droits des populations autochtones et des communautés locales et comprenant des obligations en matière de respect des droits fonciers coutumiers et du droit au consentement préalable, libre et éclairé ».

Par TANKEU GAPET Sandrine

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