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CONFLITS FONCIERS ENTRE ARABES CHOAS ET MOUSGOUM/KOTOKO DANS LE LOGONE ET CHARI : ENIEME REBONDISSEMENT!

conflits-inter-ethniques-Arabes-Choa-MousgoumMassaLe rebondissement des conflits sanglants entre les Araches Choas et les Mousgoums en ligue avec les Kotoko dans le département du Logone et Chari, dans la région de l’extrême-nord remet en surface le problème foncier qui oppose ces communautés depuis des lustres. Ces dernières se disputent incessamment les terres à des fins agropastorales et ceci  depuis plusieurs  années déjà. Pour cette année 2021 seulement, trois affrontements ont eu lieu entre ces communautés : en juin, Aout et  début décembre. Des affrontements qui se sont soldés chaque fois par des pertes en vie humaine, des dégâts matériels et des déplacements des milliers de personnes _hommes, femmes et enfants_ qui traversent les frontières nationales pour trouver refuge au Tchad voisin. Ceci parce que le climat social reste délétère comme l’avait décrit l’auteur de l’ouvrage intitulé « Pour le Libéralisme communautaire » paru en 1978, dans lequel ce dernier affirme à la page 33 que: « Le Cameroun se révèle une terre de la multiplicité et de la division socio-historique, le lieu des rendez-vous d’une variété insoupçonnable des forces centrifuges et antagonistes crampant face-à-face en une sorte de veillée d’armes permanente ou l’évidence des particularismes est par trop évidente. »

En effet, depuis 1970, les Arabes Choas et les Kotoko soutenus par les Mousgoum, toutes trois principales communautés installées dans le département du Logone et Chari, se sont engagées dans une véritable compétition hégémonique pour la conquête et le contrôle des ressources naturelles : la terre. Depuis cette date, ces groupes communautaires belligérants sont dans une logique de confrontation ouverte dont la volonté d’extermination réciproque se manifeste à chaque affrontement. Ceci se justifie par les affrontements sanglants qui se sont succédés dans l’histoire de ces peuples notamment les massacres de Dolé (1979), de Mbeung (1989), de Goulfei (avril 1990), de Maltam (Juillet 1990), de Kousséri (janvier 1992, décembre 1993 et Mars 1994) tel que répertorié par  Antoine SOCPA (2002).  À l’origine de ces différents affrontements sanglants, un fait banal entre deux personnes ou deux groupes de personnes de ces communautés antagonistes qui se dégénère en affrontements. Mais au fond, le problème reste le même : celui du foncier plus précisément  celui de la répartition des ressources foncières entre ces différentes communautés belligérantes.

En ce qui concerne les confrontations du mois d’aout dernier, tout part d’une simple dispute d’eau entre un éleveur Arabe Choas et un pécheur Mousgoum, qui a dégénéré et a entrainé les massacres  de plus de 45 personnes ainsi que plus de 25 OOO déplacés dont 8500  réfugiés au Tchad selon Xavier Bourgois, Porte-parole du Haut-commissaire pour les réfugiés au micro de RFI le 10 /12/2021. Les affrontements du 5 décembre dernier quant à eux auraient fait plus de 22 morts et de 30 000 déplacés vers le Tchad selon la même source. Ce qui montre que le « torchon continue à bruler » entre ces deux communautés antagonistes malgré la cohabitation de longue date. La paix sociale est menacée. L’urgence d’une solution durable est requise au regard de l’accroissement de la démographie, de l’augmentation des besoins et de la diminution des ressources comme le décrit Cameroon Tribune de ce 22 décembre 2021.

Depuis les derniers affrontements, le gouvernement du Cameroun a mis sur pieds des « mesures d’apaisement » à travers une mission interministérielle. Ces mesures consistaient à la distribution des denrées alimentaires ou des produits de première nécessité, la « sensibilisation sur les idéaux de paix, de cohésion sociale, de coexistence pacifique et du vivre ensemble » (Cameroon tribune du 22/12/2021). Cependant, ces mesures ne sont pas durables si le problème de fond reste sans solutions : le PROBLÈME FONCIER. L’occupation des espaces dans toute la zone doit être réglementée. Cette réglementation doit prendre en compte la délimitation consensuelle des zones exclusives pour l’agriculture, le pâturage et autres.

Par Alain DJAWA WALIDJO, Stagiaire

 

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