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IMMATRICULATION FONCIERE : MASSI GAM’S S’ATTAQUE AUX AUTORITES

DieudonneCamer.be, 25 Aout

200.000, 300.000, 400.000, 500.000 FCFA, voire plus. Telles sont, des sources de la Commission nationale anti-corruption – la Conac, les sommes renversantes d’argent que nombre d’autorités administratives exigent sans quittances aux usagers sollicitant l’immatriculation du terrain du domaine national. Ces volumineuses enveloppes, révèlent les victimes de cette arnaque organisée, représentent les « frais de carburant » des commissions consultatives, conduites sur le terrain par les sous-préfets. Plus jamais ça ! Semble sonner la trompète la Conac, à travers la descente musclée, la semaine dernière, d’une de ses équipes d’intervention rapide à Mfou, chef-lieu d’arrondissement, situé dans le département de la Mefou et Afamba, où le sous-préfet – Temga Jean, a été pris la main dans le sac. Plus de 65 millions de FCFA, fruit du racket entre février et août de l’année en cours. C’est le chiffre qu’indique le cahier d’enregistrement, découvert sur le feu de l’action par les fins limiers de cette institution de lutte contre la corruption.

Pot aux roses

Tout porte à croire que le préfet de Mfou ne se doutait de rien, jusqu’au moment où les agents de la Conac lui mettront le grappin dessus. L’un de ses collaborateurs, une dame en service au bureau du courrier, non plus, elle qui a été pris en flagrant délit d’arnaque d’usagers sollicitant l’immatriculation d’une parcelle de terrain. 200.000 FCFA, c’est l’enveloppe que l’agent de l’état a perçu, sans reçu ni gêne, des mains du sieur Mballa André, requérant, habitant le quartier Nkol Nda, une banlieue de Yaoundé. « Mais, c’était sans compter avec la forte capacité d’infiltration et d’inquisition des membres de la Conac. Le service public est gratuit par nature et par principe », se ravisent-ils.

Mais, d’où vient-il que le bureau du courrier se mue en perception des finances ? Soucieux de satisfaire leur curiosité, une question est posée au percepteur de fortune. « A qui appartient cet argent ? », demandent-ils. « C’est pour la descente sur le terrain », répond la jeune dame. A leur réquisition, le commissaire de sécurité publique de Mfou et ses fins limiers investissent les lieux. Aucun faux geste n’est permis. Le sous-préfet est entendu. De même que l’agent et l’usager, s’expliquent sur la scène troublante. Quelle n’est pas la surprise des enquêteurs d’entendre qu’à la sous-préfecture de Mfou, de fortes espèces sonnantes et trébuchantes sont exigées à quiconque sollicite l’immatriculation d’un lopin de terre du domaine national. « 200.000, 300.000, 400.000, 500.000 FCFA, voire plus, sont autant de montants, extorqués par les responsables de certaines sous-préfectures », rapporte la Conac.

Roger Nono – l’une des victimes interpellées par la Conac, se confie : « Nous avons un dossier d’immatriculation qui traîne ici (sous-préfecture de Mfou : Ndlr). C’est pourquoi j’ai bien voulu porter secours à mon ami. La somme de 200.000 FCFA, que j’ai versée, représentait les frais de descente sur le terrain de la Commission consultative, qui serait constituée de 5 services de l’état. Aucun reçu ne m’a été délivré », rappelant qu’il n’est pas à sa première expérience malheureuse. « La première fois que j’ai fait l’immatriculation directe, c’était à la sous-préfecture de Nkol Afamba. Là-bas, il m’a également été exigé les frais de la Commission consultative. J’ai dû payer 200.000 FCFA par dossier », s’en veut-il. André Mballa, le requérant abusé, lui non plus, ne tourne pas autour du pot : « C’est la première fois que je souffre ainsi, parce que je n’ai pas payé, à temps, les frais de descente de la commission consultative… Dès que mon ami m’a donné de l’argent, je suis venu le verser auprès du secrétaire du sous-préfet qui a enregistré le montant dans un cahier. », déclare-t- il  à la Conac.

Jusqu’où peut aller la Conac ?

La sous-préfecture de Mfou est loin d’être un cas isolé de corruption dans la procédure foncière au Cameroun. Des indiscrétions, puisées à bonnes sources, laissent apprendre que la pratique est presqu’institutionnalisée. En effet, dans la plupart des administrations, révèlent-elles, le butin est partagé entre les sous-préfets et certains membres de la Commission consultative se recrutant parmi les représentants du ministère du Domaine, du Cadastre et des Affaires foncières ainsi que celui de l’Habitat et du Développement urbain. Du coup, l’on en vient à se demander, l’inquiétude dans le ventre, jusqu’où peut aller la Conac dans sa croisade. Car, le ver est visiblement dans le fruit. Pour qui le connait, Dieudonné Massi Gam’s démontre, chaque jour qui passe, qu’il est résolu à tordre le coup à la corruption au Cameroun. Les criminels à col blanc n’ont qu’à bien se tenir.

© Sans Détour : Marie TJANI

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