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	<title>Le RURAL.INFO</title>
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	<description>Bulletin d&#039;information publié par Earth Cameroon</description>
	<lastBuildDate>Tue, 25 Aug 2026 12:17:26 +0000</lastBuildDate>
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		<title>DRAME MINIER EN RCA : UN AVERTISSEMENT SANGLANT POUR LE CAMEROUN ET UNE DÉFAILLANCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 12:17:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[MINES]]></category>

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		<description><![CDATA[DRAME MINIER EN RCA : UN AVERTISSEMENT SANGLANT POUR LE CAMEROUN ET UNE DÉFAILLANCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE L&#8217;effondrement tragique d&#8217;une carrière à ciel ouvert survenu au chantier minier de Zamboï (RCA), à la frontière immédiate du Cameroun, a coûté la vie à plus de cent vingt personnes dans des conditions d&#8217;exploitation artisanale inhumaines. Loin ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/Capture-d’écran-2026-08-20-115217.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3302" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/Capture-d’écran-2026-08-20-115217-169x300.jpg" alt="Capture d’écran 2026-08-20 115217" width="169" height="300" /></a>DRAME MINIER EN RCA : UN AVERTISSEMENT SANGLANT POUR LE CAMEROUN ET UNE DÉFAILLANCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE</strong></p>
<p>L&rsquo;effondrement tragique d&rsquo;une carrière à ciel ouvert survenu au chantier minier de Zamboï (RCA), à la frontière immédiate du Cameroun, a coûté la vie à plus de cent vingt personnes dans des conditions d&rsquo;exploitation artisanale inhumaines. Loin d&rsquo;être un simple fait divers transfrontalier, ce drame par négligence chez le voisin constitue un miroir tendu au Cameroun et une interpellation directe de la communauté internationale.</p>
<p><strong>Une responsabilité camerounaise engagée malgré la frontière</strong></p>
<p>Si la responsabilité juridique directe du drame incombe à la RCA sur le plan territorial, la responsabilité administrative, sécuritaire et morale des autorités camerounaises est pleinement engagée dans cette catastrophe :</p>
<ul>
<li><strong>Faillite du contrôle transfrontalier :</strong> Situé à la lisière de l&rsquo;arrondissement de Garoua-Boulaï, le site de Zamboï fonctionne comme une enclave informelle où des milliers de citoyens camerounais traversent quotidiennement une frontière perméable sans aucun contrôle migratoire. Laisser s&rsquo;installer un tel « Far West » aux portes du pays relève d&rsquo;une démission du contrôle territorial.</li>
<li><strong>Complicité par inertie et réseaux d&rsquo;enrichissement :</strong> Les autorités locales et les services de renseignement de l&rsquo;Est-Cameroun ne pouvaient ignorer cette ruée vers l&rsquo;or. En fermant les yeux sur les flux d&rsquo;orpailleurs et sur les comptoirs clandestins basés côté camerounais qui rachetaient le minerai au profit de réseaux d&rsquo;intérêts locaux, l&rsquo;État a entretenu ce système mortifère.</li>
<li><strong>Violation des règles sur les nationaux :</strong> Alors que l&rsquo;Article 71 du Code Minier de 2023 réserve l&rsquo;artisanat minier aux seuls nationaux encadrés, l&rsquo;État a toléré que ses citoyens servent de « chair à canon » dans des carrières sauvages de l&rsquo;autre côté de la frontière sans moindre sensibilisation ni alerte administrative.</li>
</ul>
<p><strong>Alerte rouge : Des « Zamboï » en puissance déjà actifs au Cameroun</strong></p>
<p>Ce drame est la copie conforme de ce qui se passe quotidiennement dans nos propres bassins miniers, où les mêmes caractéristiques mortelles sont réunies : surfréquentation extrême, absence totale d’équipements de protection individuelle (EPI) et falaises friables creusées sans aucun aménagement de géo-ingénierie (banquetage) :</p>
<ul>
<li><strong>Kambélé (Batouri) :</strong> Épicentre des drames miniers à l&rsquo;Est, où des milliers d&rsquo;orpailleurs s&rsquo;engouffrent sous des surplombs instables.</li>
<li><strong>Bétaré-Oya (Lom-et-Djérem) :</strong> Des concentrations humaines incontrôlées creusent les berges au mépris des risques d&rsquo;affaissement.</li>
<li><strong>Colomines et Ngoura (Est) :</strong> Des carrières sauvages où la jeunesse travaille dans un désordre technique et sécuritaire absolu.</li>
<li><strong>Meiganga et Djohong (Adamaoua) :</strong> Des « villes champignons » transfrontalières qui émergent hors de tout contrôle du Ministère des Mines (MINMIDT).</li>
</ul>
<p><strong>Lois piétinées et inertie de la communauté internationale</strong></p>
<p>Le Cameroun dispose pourtant de la Loi n° 2023/014 portant Code Minier et des décrets d&rsquo;application de novembre 2024. La Brigade Nationale de Contrôle et la SONAMINES ont le pouvoir légal de fermer les carrières à risque (Articles 140 à 142). Ne pas appliquer ces textes avant l&rsquo;hécatombe relève de la négligence criminelle.</p>
<p>Par ailleurs, la passivité des organismes internationaux frôle la complicité :</p>
<ul>
<li><strong>L’ITIE :</strong> Doit dépasser la seule transparence fiscale pour intégrer la traçabilité humaine et les normes de sécurité sur les sites d&rsquo;orpaillage artisanal.</li>
<li><strong>L’OIT (Organisation Internationale du Travail) :</strong> Doit faire appliquer sa Convention n° 176 et censurer les États qui tolèrent cette mise en danger systématique des travailleurs.</li>
<li><strong>Le HCDH (ONU) et l&rsquo;OCDE :</strong> Le Haut-Commissariat doit qualifier ces abandons de violations du droit à la vie, et l&rsquo;OCDE doit placer cet or sous embargo en le classant « minerai à haut risque ».</li>
</ul>
<p><strong>Recommandations d&rsquo;urgence</strong></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td><strong>Acteur</strong></td>
<td><strong>Action prioritaire</strong></td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Gouvernement du Cameroun</strong></td>
<td>Sécuriser la frange frontalière de Garoua-Boulaï et ordonner l&rsquo;inspection/fermeture immédiate des sites à risque à Kambélé, Bétaré-Oya et Colomines.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>MINMIDT &amp; SONAMINES</strong></td>
<td>Déployer la Brigade de Contrôle pour imposer le banquetage (gradins) et le port d&rsquo;EPI sous peine de poursuites pénales contre les exploitants.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>ITIE, OIT &amp; Bailleurs</strong></td>
<td>Mettre sous pression les États du bassin du Congo et sanctionner l&rsquo;or issu des carrières artisanales non sécurisées.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Société Civile &amp; Médias</strong></td>
<td>Exercer un rôle de veille et attaquer en justice pour non-assistance à personne en danger les autorités locales qui couvrent ces chantiers mortels.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Le drame centrafricain est un avertissement direct. Si le gouvernement camerounais n&rsquo;en tire pas les enseignements dès aujourd&rsquo;hui pour assainir ses propres zones minières, la responsabilité des prochains effondrements sur son sol lui incombera entièrement.</p>
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<video class="wp-video-shortcode" id="video-3309-1" width="360" height="640" preload="metadata" controls="controls"><source type="video/mp4" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Video-2026-08-19-at-09.17.20.mp4?_=1" /><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Video-2026-08-19-at-09.17.20.mp4">http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Video-2026-08-19-at-09.17.20.mp4</a></video></div>
<p><strong>Alain DJAWA WALIDJO, Earth Cameroon.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>DRAME DE ZAMBOÏ EN RCA : UNE HÉCATOMBE TRANSFRONTALIÈRE NÉE DU LAISSER-FAIRE STRATÉGIQUE</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 13:32:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[MINES]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div style="width: 360px; " class="wp-video"><video class="wp-video-shortcode" id="video-3304-2" width="360" height="640" preload="metadata" controls="controls"><source type="video/mp4" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Video-2026-08-19-at-09.17.20.mp4?_=2" /><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Video-2026-08-19-at-09.17.20.mp4">http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Video-2026-08-19-at-09.17.20.mp4</a></video></div>
<p>Une immense cuvette de terre ocre taillée à même la roche, des pentes vertigineuses où s&rsquo;agrippent des milliers de bras mus par la quête frénétique de quelques milligrammes d&rsquo;or : le décor du chantier minier de Zamboï 2, situé en République Centrafricaine à la frontière directe avec l&rsquo;arrondissement de Garoua-Boulaï (Région de l&rsquo;Est-Cameroun), a viré au cauchemar. En quelques secondes, la falaise friable s&rsquo;est effondrée, transformant cette carrière à ciel ouvert en un tombeau collectif pour plus de cent vingt orpailleurs.</p>
<p><strong>Le déroulement des faits : Chronique d&rsquo;un effondrement annoncé</strong></p>
<p>Depuis plus d&rsquo;un an, le site de Zamboï connaissait une ruée vers l&rsquo;or incontrôlée, abritant quotidiennement une foule compacte de plus de 12 000 personnes. Travaillant dans des conditions d&rsquo;extrême vulnérabilité, les creuseurs extrayaient le minerai au pied de parois verticales taillées à pic, sans aucun étayage du sol, ni système de banquetage (pentes en marches d&rsquo;escalier), ni périmètre de sécurité.</p>
<p>L&rsquo;éboulement massif s&rsquo;est produit soudainement sous la pression des fragilisations successives de la roche. Travaillant pieds nus ou en tongs, sans casques ni gilets de protection, des dizaines de travailleurs ont été subitement ensevelis sous des tonnes de terre ocre et de rochers, ne laissant aucune chance de survie aux victimes prises au piège au fond de la cuvette.</p>
<p><strong>Un drame largement prévisible : Signes précurseurs et défaillances documentées</strong></p>
<p>Cette catastrophe n&rsquo;est en rien un accident imprévisible, mais l&rsquo;aboutissement logique d&rsquo;une série de signaux d&rsquo;alarme largement documentés avant la tragédie :</p>
<ul>
<li>Selon les alertes concordantes transmises par des ONG environnementales locales et des riverains de Garoua-Boulaï, des micro-éboulements se produisaient déjà régulièrement sur le site, provoquant des blessures graves et des décès isolés passés sous silence.</li>
<li>Des séquences enregistrées par les creuseurs eux-mêmes quelques jours avant le drame montraient l&rsquo;apparition de larges fissures structurales au sommet des surplombs rocheux, causées par l&rsquo;érosion et le piquetage agressif de la base des falaises.</li>
<li>Des représentants locaux de creuseurs avaient formellement mis en garde contre l&rsquo;instabilité de la cuvette, mais la compétition féroce pour les filons et la précarité économique ont poussé la masse à continuer d&rsquo;extraire sous des pans de terre instables.</li>
<li>Les observations de spécialistes du secteur minier soulignaient déjà la surcharge mécanique fatale imposée par la concentration simultanée de milliers d&rsquo;orpailleurs et le passage d&rsquo;engins d&rsquo;exhaure sur des sols détrempés et non stabilisés.</li>
</ul>
<p><strong>Le profil des victimes : Un foyer cosmopolite d&rsquo;orpailleurs</strong></p>
<p>Ce drame frappe une population hautement cosmopolite issue de la sous-région, attirée par l&rsquo;illusion d&rsquo;un gain rapide dans cette zone transfrontalière perméable et informelle. La répartition démographique estimée sur le chantier illustre la diversité des communautés touchées :</p>
<ul>
<li><strong>Camerounais (~45 %) :</strong> Composent près de la moitié de l&rsquo;effectif total. Principalement originaires de la région de l&rsquo;Est et du Grand Nord (Adamaoua, Nord, Extrême-Nord), ils traversaient quotidiennement la frontière poreuse pour travailler sur la roche.</li>
<li><strong>Centrafricains (~35 %) :</strong> Population riveraine et nationale exploitant les ressources de leur territoire immédiat.</li>
<li><strong>Tchadiens, Soudanais et Maliens (~20 %) :</strong> Migrants économiques actifs dans l&rsquo;extraction directe, le concassage lourd ou les réseaux de négoce informel.</li>
</ul>
<p><strong>La responsabilité des organismes internationaux : L&rsquo;hypocrisie du silence</strong></p>
<p>Dans une zone accessible, hors de toute ligne de front armée, l&rsquo;argument de l&rsquo;inaccessibilité ne tient pas. La passivité des institutions internationales constitue une défaillances lourde :</p>
<ul>
<li><strong>L’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) :</strong> En se cantonnant à la transparence financière et fiscale des multinationales, l&rsquo;ITIE ferme les yeux sur les tragédies humaines liées à l&rsquo;orpaillage artisanal qu&rsquo;elle tolère dans ses périmètres de certification.</li>
<li><strong>L’OIT (Organisation Internationale du Travail) :</strong> Malgré sa Convention n° 176 sur la sécurité et la santé dans les mines, l&rsquo;OIT brille par l&rsquo;absence d&rsquo;enquêtes ou de mises en demeure publiques face à l&rsquo;exploitation d&rsquo;hommes et d&rsquo;enfants creusant à mains nues.</li>
<li><strong>Le HCDH (ONU) et l&rsquo;OCDE :</strong> En fermant les yeux sur un site de 12 000 personnes connu de tous, le Haut-Commissariat aux droits de l&rsquo;homme et l&rsquo;OCDE violent leurs propres Chartes sur le devoir de diligence et le droit fondamental à la vie dans des environnements de travail décents.</li>
</ul>
<p><strong>L&rsquo;or de la honte : Radiographie des réseaux de profit clandestins ?</strong></p>
<p>Si le sang des creuseurs coule au fond de la cuvette, ce chaos économique fait la fortune de réseaux d&rsquo;intérêts bien identifiés :</p>
<ul>
<li><strong>Les comptoirs d&rsquo;achat et intermédiaires clandestins :</strong> Profitant de l&rsquo;extrême précarité des orpailleurs, ils rachetent l&rsquo;or brut à un prix dérisoire (souvent 30 à 40 % sous son cours mondial) pour réaliser des marges colossales.</li>
<li><strong>Les réseaux de contrebande transfrontaliers :</strong> L&rsquo;absence de contrôle étatique permet d&rsquo;évacuer des centaines de kilos d&rsquo;or hors des circuits officiels, alimentant le blanchiment d&rsquo;argent vers des hubs internationaux du Moyen-Orient sans payer la moindre taxe.</li>
<li><strong>Les barons et autorités locales corrompues :</strong> Qu&rsquo;ils soient fonctionnaires véreux, chefs traditionnels ou intermédiaires sécuritaires, certains acteurs tirent des rentes de protection occultes pour maintenir le site dans un état de non-droit absolu.</li>
</ul>
<p>Au-delà du traumatisme subi par les familles des victimes, le massacre de Zamboï met en lumière une tragique réalité : la vie d&rsquo;un creuseur artisanal vaut moins qu&rsquo;un gramme d&rsquo;or aux yeux d&rsquo;un système où l&rsquo;aveuglement volontaire des organismes internationaux nourrit directement l&rsquo;enrichissement illicite des barons de la contrebande.</p>
<p><em><strong>Alain DJAWA WALIDJO, Earth Cameroon. </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>ENTRE URGENCE SOCIALE ET VIDE REGLEMENTAIRE : EARTH CAMEROON INTERPELLE L&#8217;ÉTAT SUR LA SITUATION DES POPULATIONS RIVERAINES</title>
		<link>http://rural-info.net/entre-urgence-sociale-et-vide-reglementaire-earth-cameroon-interpelle-letat-sur-la-situation-des-populations-riveraines/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 14:49:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Foncier]]></category>
		<category><![CDATA[Forêts & Faune]]></category>
		<category><![CDATA[MINES]]></category>
		<category><![CDATA[Rapport d'Activité]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis plus d’une décennie, Earth Cameroon documente les atteintes aux droits des populations riveraines des projets d’exploitation des ressources naturelles et de conservation de la biodiversité au Cameroun. Chaque année, elle organise un atelier de restitution de rapport annuel sur la question. Le rapport 2026 de l’organisation confirme une tendance inquiétante : les droits fondamentaux de ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-09-at-14.22.39.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3272" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-09-at-14.22.39-300x135.jpeg" alt="WhatsApp Image 2026-07-09 at 14.22.39" width="300" height="135" /></a>Depuis plus d’une décennie, Earth Cameroon documente les atteintes aux droits des populations riveraines des projets d’exploitation des ressources naturelles et de conservation de la biodiversité au Cameroun. Chaque année, elle organise un atelier de restitution de rapport annuel sur la question. Le rapport 2026 de l’organisation confirme une tendance inquiétante : les droits fondamentaux de ces communautés continuent de régresser, faute de réponse institutionnelle durable de l’Etat.</p>
<p><em><strong>Deux études de cas illustrent cette régression.</strong></em></p>
<ul>
<li>A Kalfou, dans la région de l’Extrême-Nord, les incursions récurrentes d’éléphants détruisent les cultures et menacent la sécurité des habitants depuis 2008.</li>
<li>Autour de Yaoundé, l’exploitation des carrières de pierres à Akak et à Eloumden génère des conflits fonciers et des conditions de travail précaires, faute d’indemnisation juste.</li>
</ul>
<p>Dans ces deux cas, un cadre normatif existe pourtant. Lois, décrets et plans d’aménagement sont prévus par les textes. Mais ce cadre reste largement méconnu des populations riveraines et insuffisamment appliqué par les administrations concernées.</p>
<p>C’est face à ce décalage entre le droit et sa mise en œuvre qu’Earth Cameroon interpelle aujourd’hui les pouvoirs publics ; il adresse des recommandations précises aux institutions publiques et à leurs partenaires techniques et financiers.</p>
<p><em><strong><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3252" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/1-300x276.jpg" alt="1" width="300" height="276" /></a>Urgence environnementale et sociale à Kalfou</strong></em></p>
<p>À Kalfou, plus de 86 % des populations riveraines réclament le renvoi des éléphants de la réserve. Face à cette exaspération légitime, Earth Cameroon interpelle le MINFOF, le MINEPAT et les partenaires internationaux (WWF, WCS, AWF et GIZ). Elle recommande le financement urgent du Plan Local d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (PLADDT).</p>
<p>En effet, Ce plan n’est pas un luxe administratif. Il permettrait de cartographier les couloirs de migration des éléphants et de sécuriser les zones tampons. Il encadrerait aussi les investissements agricoles et pastoraux dans une logique de coexistence durable.</p>
<p>Le rapport rappelle une réalité critique : depuis plus d’un an, l’alerte a été donnée, documentée et transmise aux institutions concernées. Aucune action structurante n’a pourtant été engagée. Chaque mois d’inaction se traduit par de nouvelles victimes à Kalfou. Earth Cameroon a donc formulé ainsi cinq exigences prioritaires à l’attention du MINFOF, du MINEPAT, du WWF, de la WCS, de l’AWF et de la GIZ (PETRADEP) :</p>
<p><strong>(1)</strong> Débloquer sans délai le financement de l’élaboration du PLADDT de la commune de Kalfou, en mobilisant les lignes budgétaires ou les fonds de conservation déjà disponibles à cet effet ;</p>
<p><strong>(2)</strong> Constituer, sous 30 jours, un comité technique restreint MINFOF-MINEPAT-partenaires pour définir les termes de référence de l’étude et désigner le prestataire ou la structure porteuse ;</p>
<p><strong>(3)</strong> Associer la commune de Kalfou, les autorités traditionnelles et les organisations de la société civile locale (dont Earth Cameroon) à l’ensemble du processus d’élaboration, en tant que détenteurs du savoir de terrain ;</p>
<p><strong>(4)</strong> Mettre en place, dans l’intervalle, des mesures d’urgence de mitigation des conflits homme-éléphant (dispositifs de dissuasion, systèmes d’alerte précoce, appui aux victimes) le temps que le PLADDT produise ses effets structurants ;</p>
<p><strong>(5)</strong> Rendre compte publiquement, dans un délai de trois mois, des mesures concrètes engagées en réponse à la présente interpellation.</p>
<p><em><strong><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2025/04/WhatsApp-Image-2025-04-24-at-15.57.07.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3169" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2025/04/WhatsApp-Image-2025-04-24-at-15.57.07-300x225.jpeg" alt="WhatsApp Image 2025-04-24 at 15.57.07" width="300" height="225" /></a>Flou juridique et insécurité foncière autour des carrières d&rsquo;Akak et d&rsquo;Eloumden</strong></em></p>
<p>Autour des carrières de pierres d’Akak et d’Eloumden, un autre vide opérationnel prospère. La loi minière de 2023 instaure des zones de protection interdisant toute exploitation à moins de 500 mètres des villages, points d’eau et sites culturels. Le décret d’application existe depuis novembre 2024.</p>
<p>Pourtant, aucun arrêté ministériel n’a encore délimité ces zones sur le terrain. Cette carence prive les communautés riveraines d’un instrument juridique opposable pour défendre leurs terroirs. Earth Cameroon recommande au MINMIDT de procéder sans délai à la cartographie exhaustive des zones concernées, en concertation avec les administrations sectorielles compétentes.</p>
<p>Sur le plan foncier, un second vide procédural aggrave les tensions. L’article 91 du Code minier confie au MINDCAF la charge de régler les préjudices subis par les riverains. Ni la loi ni ses décrets d’application ne précisent pourtant la procédure de saisine, les critères d’évaluation du préjudice, ni les délais de traitement.</p>
<p>Ce flou expose particulièrement les populations dépourvues de titre foncier formel, qui ne disposent que de droits coutumiers, pourtant reconnus par la loi elle-même. Earth Cameroon recommande au MINDCAF :</p>
<p><strong>(1)</strong> D’opérationnaliser l’article 91 par une circulaire précisant la procédure de saisine ;</p>
<p><strong>(2)</strong> D’élaborer un référentiel d’évaluation harmonisant les montants d’indemnisation entre régions ;</p>
<p><strong>(3)</strong> De diligenter sans délai des enquêtes dans les sites d’exploitation d’Eloumden et d’Akak.</p>
<p>Ces recommandations partagent une même conviction : aucune politique de conservation ou d’exploitation ne peut être légitime si elle se construit au détriment des droits des populations riveraines. Le cadre juridique existe, il ne manque que la volonté politique et administrative de l’appliquer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Benoit MADAGAL, Earth Cameroon.</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>La Décision n° 00000349/MINFI du 07 avril 2025 : Portée normative et audit critique de la régulation fiscale</title>
		<link>http://rural-info.net/la-decision-n-00000349minfi-du-07-avril-2025-portee-normative-et-audit-critique-de-la-regulation-fiscale/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 18:24:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[MINES]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[La Décision n° 00000349/MINFI du 07 avril 2025 : Portée normative et audit critique de la régulation fiscale Télécharger la décision en PDF ICI]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 data-path-to-node="3"></h2>
<p data-path-to-node="18">La Décision n° 00000349/MINFI du 07 avril 2025 : Portée normative et audit critique de la régulation fiscale</p>
<h2 data-path-to-node="18"><span style="color: #ff0000;"><a style="color: #ff0000;" href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/decision-n°00000349-du-07-avril-2025-fixant-les-modalites-de-repartition-et-daffectation-prelevements-specifiques-secteur-minier.pdf" target="_blank">Télécharger la décision en PDF ICI</a></span></h2>
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		</item>
		<item>
		<title>KALFOU, UNE RESERVE AUX FRONTIERES MOUVANTES : ENTRE LE FLOU ENTRETENU DES LIMITES OFFICIELLES ET LE SOUPÇON D’UNE EXTENSION A PLUS DE 7 000 HA</title>
		<link>http://rural-info.net/kalfou-une-reserve-aux-frontieres-mouvantes-entre-le-flou-entretenu-des-limites-officielles-et-le-soupcon-dune-extension-a-plus-de-7-000-ha/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 14:32:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Forêts & Faune]]></category>

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		<description><![CDATA[KALFOU, UNE RESERVE AUX FRONTIERES MOUVANTES : ENTRE LE FLOU ENTRETENU DES LIMITES OFFICIELLES ET LE SOUPÇON D’UNE EXTENSION A PLUS DE 7 000 HA  Créée en 1933, la réserve forestière de Kalfou n&#8217;a jamais été conçue à l&#8217;origine comme un sanctuaire pour la grande faune. Elle abrite pourtant aujourd&#8217;hui des éléphants, des girafes et ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/images.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-3287" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/images-300x202.png" alt="images" width="300" height="202" /></a>KALFOU, UNE RESERVE AUX FRONTIERES MOUVANTES : ENTRE LE FLOU ENTRETENU DES LIMITES OFFICIELLES ET LE SOUPÇON D’UNE EXTENSION A PLUS DE 7 000 HA </strong></p>
<p>Créée en 1933, la réserve forestière de Kalfou n&rsquo;a jamais été conçue à l&rsquo;origine comme un sanctuaire pour la grande faune. Elle abrite pourtant aujourd&rsquo;hui des éléphants, des girafes et des lions, dans un espace que rien n&rsquo;a préparé à les accueillir.</p>
<p>En 2012, l&rsquo;État cède la gestion de plusieurs réserves forestières aux communes, dont celle de Kalfou. La décision N°2002/D/MINFOF/SG/DF/CSRRVS, signée le 21 octobre 2012, fixe ce transfert et pose les bases d&rsquo;une convention provisoire entre le Ministère des Forêts et de la Faune et la mairie. Quatre ans plus tard, le 15 février 2016, le Délégué régional des Forêts et de la Faune de l&rsquo;Extrême-Nord signe une attestation de pré-validation des travaux d&rsquo;ouverture des limites. Le document est sans ambiguïté : la réserve compte 4 000 hectares de noyau dur, auxquels s&rsquo;ajoutent 2 424 hectares de zone tampon. Soit un total de 6 424 hectares, matérialisés sur le terrain conformément à la réglementation en vigueur.</p>
<p>Loin de rester une simple donnée théorique, ce chiffre a été confirmé sur le terrain. Lors de l’enquête de terrain, l&rsquo;équipe d&rsquo;Earth Cameroon l&rsquo;a retrouvé, mot pour mot, dans la bouche de plusieurs interlocuteurs distincts. La mairie de Kalfou l&rsquo;a confirmé, de même  que le chef de poste des Eaux et Forêts de Kalfou. Le Délégué départemental des Forêts et de la Faune du Mayo-Danay, enfin, a repris la même limite sans la moindre hésitation. Trois autorités, trois échelons différents, un seul et même chiffre. Cette convergence des déclarations laissait penser que la question des limites de la réserve avait été définitivement tranchée depuis longtemps et ne devait faire aucun objet de débat.</p>
<p><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/rapport.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3278" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/rapport-211x300.jpg" alt="rapport" width="211" height="300" /></a>Un nouveau chiffre vient relancer le débat et semer le doute. Lors de l’atelier de restitution du rapport 2025-2026 d’Earth Cameroon, le 7 juillet 2026, un acteur clé, engagé dans un projet de restauration et de sédentarisation des éléphants dans la réserve, a remis en cause le consensus établi. Selon lui, la réserve de Kalfou ne mesurerait plus 6 424 hectares, mais plus de 7 000 hectares. En effet, aucun document officiel n’a été présenté jusqu’ici pour étayer cette affirmation. Aucune décision administrative n’est venue expliquer à l’opinion publique l’origine de cet écart de prêt de 1000 hectares.</p>
<p>Cependant, une question mérite d&rsquo;être posée. Si ce chiffre venait à se confirmer, quelle est la véritable intention derrière cette extension unilatérale sans consultation des populations riveraines ? En effet, un écart de cette ampleur loin d’être un simple arrondi administratif, interroge directement les intentions de l&rsquo;État sur l&rsquo;avenir de cette réserve.</p>
<p>Personne, à ce jour, n&rsquo;a expliqué publiquement pourquoi ce chiffre surgit, ni pourquoi il n&rsquo;a jamais figuré dans aucun texte officiel connu. Le silence qui entoure cette question nourrit les soupçons d&rsquo;une extension programmée, préparée en dehors de tout débat avec les premiers concernés. Il convient donc de noter que cette hypothèse d&rsquo;extension se heurte à une réalité déjà critique. Le nombre d&rsquo;éléphants en divagation à Kalfou dépasse aujourd&rsquo;hui plus de 400 individus, dans un espace contigu, inextensif et faisant déjà l’objet de controverse</p>
<p>Chaque temps, ces animaux franchissent la réserve à la recherche d&rsquo;eau. Les champs sont ravagés, les greniers détruits, et la cohabitation tourne régulièrement au drame pour les riverains.</p>
<p>Élargir la réserve reviendrait, dans ces conditions, à légitimer davantage d&rsquo;espace pour une faune déjà en surnombre. Ce serait ignorer les préoccupations des populations riveraines qui vivent au quotidien avec cette menace et connaissent aujourd’hui une crise multidimensionnelle, sécuritaire, alimentaire, environnementale, etc insurmontable. Or l&rsquo;extension n&rsquo;est pas, et ne peut pas être, la meilleure réponse à ce problème. Face à plus de 400 éléphants, une réserve de seulement 6 424 hectares, déjà dégradée, fragmentée et d’autres espaces anthropisés, offre un espace manifestement insuffisant pour accueillir durablement une population de plus de 400 éléphants.  Ajouter des hectares supplémentaires ne résout rien ; cela ne fait que déplacer la même crise sur un territoire plus vaste.</p>
<p>De ce fait, la véritable urgence n&rsquo;est pas de repousser les limites de la réserve, mais de répondre à une cohabitation devenue intenable. Aucune extension ne rendra aux populations de Kalfou les champs, les vies et les destructions qu’elles subissent.</p>
<p>Sur le terrain, la position des habitants ne souffre d&rsquo;aucune ambiguïté. Ils ne réclament ni compensation symbolique, ni élargissement des zones de conservation. Ils demandent, d&rsquo;une seule voix, <strong><em>zéro éléphant à Kalfou.</em></strong> Les populations veulent simplement cultiver leurs terres sans craindre de les voir saccagées. Elles aspirent aussi à circuler librement, sans la peur de croiser des éléphants sur leur chemin.</p>
<p>Tant que l&rsquo;État n&rsquo;aura pas clarifié publiquement cette situation, le doute continuera de peser sur ses intentions réelles. Et avec lui, la méfiance d&rsquo;une population qui ne demande qu&rsquo;à vivre en paix sur ses propres terres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Benoit MADAGAL, Stagiaire. </strong></p>
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		<title>MAYO-TSANAGA SOUS LES CENDRES : BOKO HARAM DÉTRUIT, L&#8217;ÉTAT REGARDE</title>
		<link>http://rural-info.net/mayo-tsanaga-sous-les-cendres-boko-haram-detruit-letat-regarde/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 14:26:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture & Elèvage]]></category>

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		<description><![CDATA[MAYO-TSANAGA SOUS LES CENDRES : BOKO HARAM DÉTRUIT, L&#8217;ÉTAT REGARDE Plus de 50 villages abandonnés, des milliers de déplacés, et le silence coupable d&#8217;un État absent Le terrorisme de Boko Haram n’est plus une menace lointaine. Dans le département du Mayo-Tsanaga, il est devenu une réalité quotidienne. Pour rappel, Boko Haram est né au Nigeria, dans ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/image-3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3285" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/image-3-300x225.jpg" alt="image 3" width="300" height="225" /></a></strong><strong>MAYO-TSANAGA SOUS LES CENDRES : BOKO HARAM DÉTRUIT, L&rsquo;ÉTAT REGARDE</strong></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><em>Plus de 50 villages abandonnés, des milliers de déplacés, et le silence coupable d&rsquo;un État absent</em></strong></span></p>
<p>Le terrorisme de Boko Haram n’est plus une menace lointaine. Dans le département du Mayo-Tsanaga, il est devenu une réalité quotidienne. Pour rappel, Boko Haram est né au Nigeria, dans l&rsquo;État de Borno, au début des années 2000. En 2014, la secte islamiste franchit la frontière. Le mont Gossi dans le village de Tourou, situé à environ 35km de l&rsquo;arrondissement de Mokolo, est la première localité camerounaise frappée.</p>
<p>Depuis 2014, des centaines de combattants de Boko Haram se sont établis sur le mont Gossi à Tourou, jusqu’aujourd’hui, les attaques connaissent leur pic. Boko Haram ravage. Les attaques se succèdent. Ils brûlent, tuent, pillent, violent les femmes et kidnappent. Ils s&rsquo;attaquent aux champs, aux marchés, aux lieux de culte, aux postes de gendarmerie, aux établissements scolaires, aux centres de santé. Les années passent. Les victimes s’accumulent. Les villages se vident progressivement, populations massacrées, terres abandonnées. Presque 13 ans après les premières attaques, pas toujours de réponse durable. Le silence, lui, demeure toujours.  Le Mayo-Tsanaga agonit. Et personne, ne semble s&rsquo;en émouvoir.</p>
<p>De Mokolo à Koza, jusqu’au Mayo-Moskota, le tableau est celui d&rsquo;une désertion territoriale sans précédent. Plus de 50 villages du Mayo-Tsanaga ont été totalement ou partiellement abandonnés par leurs habitants. Parmi eux, nous pouvons citer : Gossi, Tourou, Vizik, Ldamang, Magoumaz  Ldubam, Dinglding, Chougoulé, Oupai, Houdahai, Vouzoud, Ldama, Ziver Montagne, Houva, Gouzda Wayam, Tchébé-Tchébé, Koza, Locktcha, Toufou, Guedjele-Guibedrom, Zelevet, Krawa-Mafa, Ldaoutsaf,  Merekouet, Dzamadzaf, Hitéré, Bavangola, Vreket, Gouzou-dou etc.</p>
<p>En mai 2022, le cinquième adjoint au maire de Mokolo, Mahadek Nicolo Nouhou, dressait lui-même ce bilan devant le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, lors des Rencontres fraternelles du Mayo-Tsanaga tenues à Tourou et à Mokolo : une dizaine de villages totalement désertés, deux occupés par Boko Haram, sept autres régulièrement attaqués. Ces terroristes sont quasi permanents à Gossi, Toufou 1, Toufou 2, Roum et Hitawa, que les habitants ont progressivement abandonner.<a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/image-3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3285" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/image-3-300x225.jpg" alt="image 3" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Depuis, la situation n&rsquo;a fait qu&rsquo;empirer. « <em>Nous sommes abandonnés à nous-mêmes au point de se demander pourquoi nos élus locaux et le gouvernement restent silencieux face à ce qui nous arrive. Est-ce que nous, les filles et fils du Mayo-Tsanaga, ne comptons pas parmi les vrais citoyens camerounais ?</em> » S&rsquo;interrogent les populations de Tourou.</p>
<p>Plus d’une décennie, les populations vivent dans la peur absolue. La nuit, les hommes fuient. Le jour, ils reviennent. Partout, de Mokolo à Koza, les habitants ne dorment plus chez eux. La nuit tombée, ils se réfugient dans les montagnes, partageant les grottes avec les reptiles Sachant les dangers de la cohabitation (morsure, contamination, etc.). C&rsquo;est seulement au lever du soleil qu&rsquo;ils redescendent pour travailler.</p>
<p>Face à des terroristes lourdement armés, l&rsquo;État camerounais déploie des poignées de militaires.À Ldamang et Ldubam, lors de la récente attaque du 18 juin 2026 à 2h du matin où ils ont blessé et kidnappé les villageois, il n&rsquo;y avait que deux soldats sur place. Juste deux. Que peuvent-ils faire face à un groupe des terroristes lourdement armés et équipés ?  Les comités de vigilance, des civils armés de machettes et de bâtons se retrouvent en première ligne face à des assaillants équipés de fusils d&rsquo;assaut.</p>
<p>Le silence des élites locales face à cette situation est une complicité avouée. Le Mayo-Tsanaga compte des nombreuses élites, des hauts cadres administratifs qui peuvent porter les voix et les cris des populations. On les voit aux meetings électoraux. On entend leurs discours. Comme toujours, des promesses vides, profitant ainsi de la vulnérabilité des populations pour leurs fins politiques.</p>
<p>Mais quand Tourou brûle, quand Koza compte ses morts, ces mêmes élites se taisent. Ce silence n&rsquo;est pas une omission. C&rsquo;est un choix politique.Des ministres se sont rendus sur place : des visites, des déclarations, des « rencontres fraternelles ».</p>
<p>Puis plus rien. Les promesses sont restées à Mokolo. Les attaques de Boko Haram, elles, sont toujours là. Mokolo hier. Koza avant-hier. Et demain ? Personne ne le sait. Personne ne peut le promettre.</p>
<p>Plus de 9 000 personnes déplacées par les attaques de Boko Haram n&rsquo;ont toujours pas pu regagner leurs villages. Ce chiffre continue d’augmenter au rythme des incursions. Rien qu’au début du mois de juin 2026, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a recensé 482 nouveaux déplacés, soit 78 ménages, ayant fui les attaques dans les arrondissements de Mokolo, Koza et Mayo-Moskota. Le phénomène dépasse les frontières du département. Début juillet 2026, une autorité communale de Kalfou, dans le département du Mayo-Danay, a indiqué avoir accueilli près de 300 personnes déplacées ayant fui les violences de Boko Haram venant de Mokolo. Kalfou se trouve à environ 210 km par la route de Mokolo, ce qui illustre l’ampleur de l’exode : des familles parcourent plusieurs centaines de kilomètres, abandonnant leurs maisons, leurs terres et leurs moyens de subsistance dans l’unique espoir de trouver un refuge. Cet exil, qui s’étend, témoigne de la gravité persistante de la crise humanitaire.</p>
<p>Ceux qui fuient abandonnent leurs terres, leurs champs et même leurs morts. Ils laissent derrière eux leurs papiers?: des centaines d’actes de naissance et de cartes nationales d’identité réduits en cendres avec leurs maisons. Mais le drame le plus profond est celui des familles séparées. Dans la panique des attaques, des familles se dispersent, certains parents sont contraints de fuir sans possibilité d’embarquer avec eux, leurs enfants. Chacun cherche à se sauver. Des enfants et des adolescents qui ont pu aussi échappé se retrouvent livrés donc à eux-mêmes, privés de protection, d’école et de repères. Que deviendront-ils ? Dieu seul sait. Beaucoup voient leur avenir s’assombrir : certains abandonnent leurs études, d’autres basculent dans le banditisme, tandis que de nombreuses jeunes filles perdent tout espoir d’un avenir meilleur.<a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/image-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3284" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/image-2-135x300.jpg" alt="image 2" width="135" height="300" /></a></p>
<p>Le Mayo-Tsanaga se vide. L&rsquo;agriculture s&rsquo;effondre. Les écoles ferment. L&rsquo;économie locale disparaît. Si rien ne change, c&rsquo;est une dépopulation accélérée et irréversible qui attend ce département. L&rsquo;État n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;ignorer ses citoyens parce qu&rsquo;ils vivent loin de Yaoundé. On se demande : Combien de villages devront encore être abandonnés avant que cette crise ne devienne une priorité nationale ?</p>
<p><strong>Benoit</strong> <strong>MADAGAL, Stagiaire.</strong></p>
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		<item>
		<title>RAPPORT DE L&#8217;ATELIER DE RESTITUTION DU RAPPORT EARTH CAMEROON 2025-2026 DU 07 JUILLET 2026</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 12:31:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Rapport d'Activité]]></category>

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		<description><![CDATA[CONCLUSION GÉNÉRALE L&#8217;atelier de restitution du 07 juillet 2026 a permis de jeter une lumière crue sur la détresse socio-environnementale des populations riveraines des projets d&#8217;extraction et de conservation au Cameroun. Qu&#8217;il s&#8217;agisse de la crise humanitaire de Kalfou ou de la spoliation foncière autour des sites d’exploitation des carrières, l&#8217;urgence de l&#8217;action est désormais ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-09-at-14.22.39.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3272" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/WhatsApp-Image-2026-07-09-at-14.22.39-300x135.jpeg" alt="WhatsApp Image 2026-07-09 at 14.22.39" width="300" height="135" /></a></p>
<p><em><span style="color: #ff0000;"><strong>CONCLUSION GÉNÉRALE</strong></span></em></p>
<p>L&rsquo;atelier de restitution du 07 juillet 2026 a permis de jeter une lumière crue sur la détresse socio-environnementale des populations riveraines des projets d&rsquo;extraction et de conservation au Cameroun. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la crise humanitaire de Kalfou ou de la spoliation foncière autour des sites d’exploitation des carrières, l&rsquo;urgence de l&rsquo;action est désormais documentée et indiscutable. Earth Cameroon et l&rsquo;ensemble des participants appellent les décideurs à transformer ces recommandations en politiques publiques effectives afin que les communautés locales deviennent des actrices, et non les victimes, du développement durable du Cameroun.</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/RAPPORT-ATELIER-EARTH-CAMEROON-DU-7-JUILLET-2026.pdf" target="_blank">Télécharger en PDF le rapport de l&rsquo;atelier ici</a></strong></span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>RAPPORT 2025 -2026 _EARTH CAMEROON_SUR LA SITUATION DU RESPECT DES DROITS DES POPULATIONS RIVERAINES DES PROJETS D&#8217;EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES ET DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE AU CAMEROUN</title>
		<link>http://rural-info.net/rapport-2025-2025-_earth-cameroon_sur-la-situation-du-respect-des-droits-des-populations-riveraines-des-projets-dexploitation-des-ressources-naturelles-et-de-conservation-de-la-biodiversite-au-came/</link>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:43:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Rapports Annuels]]></category>

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		<description><![CDATA[LA SITUATION DU RESPECT DES DROITS DES POPULATIONS RIVERAINES DES PROJETS D&#8217;EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES ET DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE AU CAMEROUN (2025-2026) RESUME EXECUTIF Le rapport 2026 de l&#8217;Association Earth Cameroon dresse un état des lieux du respect des droits des populations riveraines des projets d&#8217;exploitation des ressources naturelles et de conservation de ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/rapport.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3278" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/rapport-211x300.jpg" alt="rapport" width="211" height="300" /></a><em>LA SITUATION DU RESPECT DES DROITS DES POPULATIONS RIVERAINES DES PROJETS D&rsquo;EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES ET DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE AU CAMEROUN (2025-2026)</em></strong></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>RESUME EXECUTIF</strong></span></p>
<p>Le rapport 2026 de l&rsquo;Association Earth Cameroon dresse un état des lieux du respect des droits des populations riveraines des projets d&rsquo;exploitation des ressources naturelles et de conservation de la biodiversité au Cameroun. Il s&rsquo;articule autour de trois axes prioritaires : le conflit homme–faune dans la réserve forestière communale de Kalfou (Extrême-Nord), les remous sociaux liés à l&rsquo;exploitation des carrières de pierres dans la périphérie de Yaoundé, et une revue croisée des rapports des médias et des organisations de la société civile sur ces enjeux.</p>
<p>À Kalfou, l&rsquo;analyse combinée des données quantitatives, des observations directes menées dans quinze villages et des témoignages recueillis sur le terrain révèle une convergence de près de 93 % autour d&rsquo;un même constat : l&rsquo;incursion récurrente des éléphants détruit les cultures vivrières, menace l&rsquo;intégrité physique des populations et accélère une précarisation économique et scolaire durable. Face au désengagement des autorités compétentes, le rapport propose le Plan Local d&rsquo;Aménagement et de Développement Durable du Territoire (PLADDT) comme réponse stratégique, articulant sécurisation des zones à risque et relance des moyens de subsistance.</p>
<p>Autour des carrières de pierres d&rsquo;Akak et d&rsquo;Eloumden, le rapport documente des conflits fonciers nés de l&rsquo;absence d&rsquo;indemnisation juste et équitable, une redistribution inéquitable des compensations entre autochtones et allogènes, des investissements agricoles compromis et des conditions de travail précaires marquées par l&rsquo;absence généralisée de contrats. Ces réalités révèlent un cadre normatif pourtant existant — Code minier, lois environnementales — mais insuffisamment appliqué et méconnu des populations riveraines.</p>
<p>La revue des rapports médiatiques et des organisations de la société civile confirme la centralité de ces enjeux dans le débat public camerounais : conflits homme-faune, exploitation minière, foncier rural, application de la loi forestière de 2024 et aires protégées contestées dominent la couverture de presse, tandis que les organisations de la société civile plaident pour une gouvernance durable, la protection des écosystèmes et l&rsquo;autonomisation des communautés riveraines.</p>
<p>Le rapport formule enfin des recommandations concrètes, notamment à l&rsquo;endroit du Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF) : opérationnaliser l&rsquo;article 91 de la Loi minière de 2023 relative à l&rsquo;indemnisation des riverains, élaborer un référentiel d&rsquo;évaluation du préjudice, et diligenter des enquêtes dans les sites d&rsquo;exploitation concernés. Earth Cameroon appelle à une gouvernance renouvelée des ressources naturelles, fondée sur la justice sociale et environnementale, seule capable d&rsquo;assurer un avenir durable et équitable pour les populations riveraines du Cameroun.</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/07/RAPPORT_EARTH_CAMEROON_2025_2026.pdf" target="_blank">Télécharger ici le rapport en support PDF</a></strong></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rural-info.net/rapport-2025-2025-_earth-cameroon_sur-la-situation-du-respect-des-droits-des-populations-riveraines-des-projets-dexploitation-des-ressources-naturelles-et-de-conservation-de-la-biodiversite-au-came/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
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		<title>DIVAGATION DES ÉLÉPHANTS À KALFOU : LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ SE HEURTE À LA SURVIE DES POPULATIONS</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 10:56:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[« Ils ont semé en juin sous un soleil brulant. En septembre, les éléphants sont arrivés. Il ne reste rien. À Kalfou, un passage de pachydermes efface douze mois de labeur. » La protection des éléphants constitue un enjeu indispensable  pour la conservation de la biodiversité au Cameroun. Toutefois, dans l’Extrême-Nord, précisément à kalfou, la récurrence des ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/WhatsApp-Image-2026-06-26-at-11.36.13.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3264" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/WhatsApp-Image-2026-06-26-at-11.36.13-300x226.jpeg" alt="WhatsApp Image 2026-06-26 at 11.36.13" width="300" height="226" /></a>« Ils ont semé en juin sous un soleil brulant. En septembre, les éléphants sont arrivés. Il ne reste rien. À Kalfou, un passage de pachydermes efface douze mois de labeur. »</em></strong></p>
<p>La protection des éléphants constitue un enjeu indispensable  pour la conservation de la biodiversité au Cameroun. Toutefois, dans l’Extrême-Nord, précisément à kalfou, la récurrence des conflits entre les populations et la faune sauvage soulève une question cruciale : une politique de conservation peut-elle vraiment  réussir lorsqu’elle est perçue comme une menace par les communautés riveraines ?</p>
<p>À Kalfou, cette interrogation s’impose au quotidien dans les villages confrontés aux incursions régulières  des éléphants. Les éléphants arrivent, ils détruisent le mil, broient le sorgho, le maïs ; le manioc, le niébé, défoncent les habitations et tuent les gens. Le paysan se retrouve face au néant : une année de travail, de sueur, d&rsquo;espoir, réduite à de la boue et des empreintes des pachydermes.</p>
<p>Au cours de notre enquête dans plusieurs villages de l’arrondissement, un constat général s’est imposé : les populations supportent seules les conséquences des incursions des éléphants.</p>
<p>Résultat : des familles sans réserves alimentaires pour la saison sèche. Des enfants qui partent à l&rsquo;école le ventre presque vide.</p>
<p>Les populations interrogées parlent d&rsquo;une voix unanime : « <em>elles veulent que les éléphants partent. </em><em>Pas de réserve de conservation. Pas de parc. Pas de compensation</em>, s<em>eulement le départ des éléphants de Kalfou </em>». Elles souhaitent avant tout retrouver des conditions de vie normales. Les habitants  demandent de pouvoir cultiver leurs terres sans craindre la destruction de leurs récoltes. Ils souhaitent circuler librement sans craindre une rencontre mortelle avec des animaux sauvages. Ainsi, ces revendications exprimées par les populations sont au-delàs de la simple question des dégâts matériels. Elles portent sur la place des communautés dans les décisions qui concernent leur territoire.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-3259" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0944-300x225.jpg" alt="IMG_0944" width="300" height="225" />Les autorités locales avancent plusieurs pistes d’explication. Le maire évoque les causes profondes  notamment les perturbations subies par le parc national de waza au cours des dernières années  suite aux attaques de Boko Haram. Ce qui aurai modifié les habitudes de déplacement des éléphants et accentué leur présence dans les zones  de kalfou. Le sous-préfet confirme l’ampleur et l’urgence de la situation et précise que des mesures sont en train d’être prise mais lui-même reconnaît qu&rsquo;il n&rsquo;existe aucun projet concret visible à ce jour. L&rsquo;adjoint au maire chiffre plus de 600 déplacements. Il témoigne : « <em>ces incursions régulières entrainent des déplacements des populations </em>». Ainsi, des familles abandonnent leurs terres ancestrales, leurs maisons, leurs champs. Elles fuient, non pas une guerre, mais des animaux protégés par l&rsquo;État. Car, rester pour certains, c’est risquer sa vie. Partir, c&rsquo;est abandonner la seule terre que l&rsquo;on connaît, sans ressources, sans destination. À Kalfou, la peur ne se raconte plus. Elle s&rsquo;habite. Les femmes n&rsquo;osent plus aller aux champs seules. Les hommes veillent la nuit, sans armes, sans soutien. Mais personne, en haut, ne répond effacement. Pendant ce temps, à Goulourgou, Daïba, Playouri, Kaola, Bougaye, Loukol, Lokoro, Djimeta, Guinane, Wassane, à Guissia, etc des familles comptent ce qu&rsquo;il leur reste. Souvent : presque rien.<a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2025/02/WhatsApp-Image-2025-02-12-at-16.10.43-1.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3063" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2025/02/WhatsApp-Image-2025-02-12-at-16.10.43-1-300x135.jpeg" alt="WhatsApp Image 2025-02-12 at 16.10.43 (1)" width="300" height="135" /></a></p>
<p>Face à cette situation, la conservation ne devait être pensée uniquement à travers la protection de la faune. Elle doit également intégrer la protection des droites populations riveraines. Protéger les éléphants est nécessaire. Garantir la dignité et la sécurité des populations l’est tout autant.</p>
<p>Le conflit homme-éléphant à Kalfou n&rsquo;est pas une fatalité. C&rsquo;est une politique ou plutôt, son absence ?</p>
<p>Benoît MADAGAL, Earth Cameroon.</p>
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		<title>KALFOU PLEURE, L&#8217;ÉTAT REGARDE : COMBIEN D’ANNEES FAUDRA-T-IL ENCORE ?</title>
		<link>http://rural-info.net/kalfou-pleure-letat-regarde-combien-dannees-faudra-t-il-encore/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 09:28:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Earth Cameroon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture & Elèvage]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans l’arrondissement de kalfou, le conflit homme-faune est une terreur qui ne date pas d&#8217;hier. Depuis 2008, les incursions des éléphants dans les villages de kalfou ne s&#8217;arrêtent plus. Elles sont devenues une crise humanitaire. Chaque année, les populations font face impuissantes à la destruction de leurs cultures, de leurs habitations et à la perte ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/WhatsApp-Image-2026-05-29-at-11.11.06.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3254" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/WhatsApp-Image-2026-05-29-at-11.11.06-300x225.jpeg" alt="WhatsApp Image 2026-05-29 at 11.11.06" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Dans l’arrondissement de kalfou, le conflit homme-faune est une terreur qui ne date pas d&rsquo;hier. Depuis 2008, les incursions des éléphants dans les villages de kalfou ne s&rsquo;arrêtent plus. Elles sont devenues une crise humanitaire. Chaque année, les populations font face impuissantes à la destruction de leurs cultures, de leurs habitations et à la perte de vies humaines. Pourtant, malgré les multiples alertes, aucune solution concrète et durable n’est encore prise.</p>
<p>De Daïba à Kaoula, de Bougaï à Gada Karal, de Wourou Malsambo à Guinan, de Playouri à Goulourgou, en passant par Guissia et Hamdalao, aucun village n&rsquo;est épargné, le constat est le même: Kalfou entier pleure. Les incursions des éléphants sont régulières dans les villages et les champs. Partout, les habitants expriment la même désolation.</p>
<p>Au cours de notre enquête de terrain, les populations expriment une existence marquée par la peur permanente. Des morts dans les champs, des morts sur les chemins, des morts chez eux. Des pères de famille, des jeunes, des enfants, des femmes. Des paysans qui allaient simplement nourrir leurs enfants. À cela s&rsquo;ajoutent des habitations endommagées ou totalement détruites, des champs dévastés, des récoltes entières anéanties. Les villageois vivent désormais au rythme des alertes annonçant la présence des pachydermes. « <em>Tout le temps, les éléphants passent, mangent toutes nos cultures et détruisent nos maisons. Ils blessent et tuent les gens et nous ne pouvons pas nous défendre. » </em>Expriment les villageois<em>.</em></p>
<p>Les conséquences de ce phénomène constituent un important manque à gagner pour les populations locales. Dans une région où l’agriculture constitue la principale source de revenus, la destruction des cultures plonge les  ménages dans une profonde précarité. Les réserves alimentaires disparaissent avant même les récoltes. Pour plusieurs familles, la faim n’est plus une menace future mais une réalité quotidienne.</p>
<p>Les autorités locales affirment reconnaitre l’ampleur du problème, mais restent encore muettes face aux cris des populations. Sur le terrain, il n’existe aucune action concrète capable de limiter les incursions des pachydermes. Ce qui nourrit désormais un sentiment d’abandon. Ainsi, les populations ont le sentiment que leurs souffrances sont connues mais ne sont prises en compte. Pendant les meetings politiques, des promesses sont faites mais jamais concrétisées. Les éléphants, eux, continuent de détruire les champs et de menacer les populations.</p>
<p>La question qui se pose aujourd’hui est simple : combien de victimes faudra-t-il avant qu’une réponse durable soit apportée à cette crise ?</p>
<p><a href="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3252" src="http://rural-info.net/wp-content/uploads/2026/06/1-300x276.jpg" alt="1" width="300" height="276" /></a>La protection de la biodiversité constitue une obligation légitime. Cependant, aucun objectif de conservation ne peut être durable s’il s’accompagne de la précarisation des populations riveraines. La sécurité et les droits des citoyens doivent demeurer avant tout une priorité de l’action publique.</p>
<p>À Kalfou, les populations n’attendent plus des promesses. Elles attendent des solutions. Sans dispositif de refoulement opérationnel, sans réhabilitation des corridors, sans compensation digne, les populations de Kalfou affrontent seules cette catastrophe. Chaque saison qui passe sans réponse efficace rapproche davantage l’arrondissement d’une crise sociale et alimentaire dont les conséquences pourraient être lourdes pour l’ensemble du Mayo-Danay voire même de la région.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Benoît MADAGAL, Earth Cameeroon.</p>
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