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LA CHINE EN PROCÈS A YAOUNDE

Intégration – 13/07/2015

otages-chinois-libreLe Dr. Chen Yong a dû faire preuve de beaucoup de sang froid le 22 juin 2015 pour ne pas s’emporter. Ce jour?là, s’ouvrait à Yaoundé, la rencontre de la plateforme «Gouvernance forestière Chine?Afrique» (la deuxième du genre après celle tenue deux ans auparavant à Beijing en Chine). Et à l’occasion, le représentant de l’administration forestière chinoise s’est fait mitrailler de récriminations sur les pratiques des entreprises chinoises dans le secteur forestier sur le continent: non?respect de la législation locale, coupe illégale, sous rémunération et non immatriculation des travailleurs, absence de plan de gestion environnementale… les participants africains venus notamment du Cameroun, du Gabon, de la République Démocratique du Congo, du Mozambique, de l’Ouganda ont porté la charge. Selon Samuel Nguiffo du Centre pour l’environnement et le développement (CED), une organisation de la société civile (OSC) basée à Yaoundé et spécialisée dans la gestion durable des ressources naturelles, à ce jour, la Chine absorbe l’essentiel du bois illégal coupé au Cameroun. Dans un rapport publié le 27 mai 2014, la branche africaine de l’Organisation non gouvernementale Greenpeace révélait, documents à l’appui, que 57000 mètres cubes de bois prélevés de manière illégale dans la concession obtenue en novembre 2013 par la firme américaine HeraklesFarms pour l’exploitation de l’huile de palme, prenaient la direction de la Chine. Il en est du Cameroun comme d’autres pays d’Afrique. «L’utilisation frauduleuse de permis d’exploiter s’est vue au Mozambique, en Zambie et au Gabon» renseigne par exemple un rapport du Centre de recherche forestière internationale (Cifor, OSC œuvrant en faveur du bien?être humain, de la conservation de l’environnement et de l’équité) paru en juin 2014.

Ici, selon le Cifor, «les infractions spécifiques comprennent la déclaration de volumes inférieurs à l’exportation, l’absence de plan d’aménagement, la récolte et le transport d’essences non identifiées».

Mea-culpa
Loin de nier l’évidence, le Dr Chen Yong a reconnu les faits et lancé cet appel: «aidez?nous à contrôler les entreprises chinoises qui exercent chez vous. (…) Nous sommes dans une économie de marché. La Chine compte plus de 2500 entreprises en Afrique dont 70% sont des PME. Il est difficile pour nous de savoir ce qu’elles font». A cette difficulté, s’ajoute une autre interne aux Etats africains. Selon le représentant de l’administration forestière chinoise, les législations locales ne permettent pas toujours d’avoir une définition claire du bois légal. Dr Chen Yong propose d’améliorer la communication entre la Chine et ses partenaires Africains afin de lever ces écueils. C’est d’ailleurs l’objectif de la plateforme «Gouvernance forestière Chine?Afrique» qui bénéficie de l’appui financier du Département pour le développement international du gouvernement du RoyaumeUni(DFID). A l’issue de ces travaux qui se sont poursuivis à Kribi, il reste attendu de ce programme mis en œuvre par l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) avec différents partenaires au niveau des pays concernés (dont WWF, CED et NESDACA pour le Cameroun), la publication des actions identifiées de prospérité et de durabilité du commerce et les investissements chinois dans le secteur forestier en Afrique.

Par AboudiOttou,

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