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DIX RAISONS POUR LESQUELLES LA CERTIFICATION DU BOIS N’EST PAS UNE BONNE CHOSE A PROMOUVOIR DANS LA REGLEMENTATION ANTI-DEFORESTATION DE L’UE SELON LES ONG

28 JUIN 2022          Une analyse minutieuse du projet de loi sur la certification anti-déforestation effectuée par les ONG a permis à ces dernières de mettre en exergue dix raisons pour lesquelles ladite certification ne devrait pas être promue, compte tenu des expériences pratiques sur le soja et l’huile de palme.

            En effet, la première raison émise par les ONG pour contester la certification est que celle-ci n’est pas conçue pour atteindre l’objectif principal du règlement à savoir prévenir la déforestation et d’autres atteintes à l’environnement. De nombreuses études menées par WWF, FSC Watch et Greenpeace et des études universitaires sur l’Indonésie, ont en outre conclu que la certification à elle seule n’a pas aidé les entreprises à respecter leurs engagements à exclure la déforestation de leurs chaînes d’approvisionnement.

          Ensuite, la deuxième raison émise par les ONG est que la certification ne fournit pas les informations nécessaires pour se conformer à la réglementation de l’UE (Union Européenne) , dans la mesure où elle ne crée pas la transparence de la chaine d’approvisionnement et ne fournit pas d’informations sur l’origine géographique du bois.

             Troisièmement selon les ONG, la certification ne garantit pas la légalité du produit, car les systèmes de certification n’ont pas le pouvoir de confirmer ou d’imposer précisément le respect des lois nationales parce qu’ils sont volontaires.

                 La quatrième raison donnée par les ONG pour contester la certification est que cette dernière n’identifie ni ne prévient les dommages. Ceci parce que les équipes d’audit manquent de temps et de savoir-faire. Selon plusieurs rapports des Amis de la Terre Pays-Bas et l’Environnemental Investigation Agency révèlent que les cabinets d’audit chargés de vérifier la conformité échoue fondamentalement à identifier et à atténuer les pratiques non durables dans le cadre de la certification des projets par manque de temps et d’expertise.

                La cinquième raison est que, les organismes de certification et leurs auditeurs ne sont pas indépendants des entreprises qu’ils certifient. En effet, d’après les ONG si les clients (entreprises) embauchent, supervisent et rémunèrent les cabinets d’audit, ils sont exposés à un risque structurel de conflit d’intérêts, qui peut conduit à un niveau de contrôle inférieur.

            La sixième raison mis en avant par les ONG est que, la prévention des dommages environnementaux et sociaux ne peut être externalisée, en particulier parce que les organismes de certification ne sont pas responsables des dommages dans les plantations qu’ils certifient.

           La septième raison donnée par les ONG est que la certification ne peut garantir le consentement libre, préalable et éclaire ou empêcher l’accaparement des terres des indigènes. Ceci parce que les peuples autochtones et les communautés locales ont un rôle reconnu dans la préservation des terres qu’ils possèdent, mais le régime foncier précaire est un facteur majeur de déforestation et de dégradation des forêts. Cependant, évaluer si les droits d’utilisation des terres et les droits de consultation ont été respectés, il faut tenir compte du contexte historique, une perspective multi-acteurs et une compréhension approfondie des conflits locaux.

                   La huitième raison est que la certification offre des opportunités de greenwashing et augmente les intérêts acquis et le pouvoir des entreprises sur les ressources naturelles car, les critiques ont fait valoir que l’amélioration de l’image des produits présentant un risque pour les forêts et les écosystèmes stimule la demande. Risques de certification permettant aux entreprises destructrices de continuer à fonctionner comme d’habitude et d’étendre leurs pratiques, augmentant ainsi le mal.

           La neuvième raison donnée par les ONG est que la certification favorise l’expansion de l’agriculture industrielle et empêche la transition nécessaire pour stopper la déforestation. Il existe de multiples facteurs de déforestation, mais les preuves sont claires en ce qui concerne l’agriculture industrielle qui est l’une des plus importantes.

                 La dixième raison est que la certification oriente les ressources vers une industrie de la certification d’un million de dollars, tandis que la gestion forestière et agricole des communautés et des petits exploitants est extrêmement sous-finance. A cet effet, L’UE devrait cesser de financer et de promouvoir des améliorations dans un système de certification, au profit des entreprises forestières et de plantations industrielles, qui a été avéré échouer. Il serait plus efficace d’utiliser les ressources publiques et privées pour payer les petits exploitants de manière adéquate pour leurs produits et adhérer à leurs appels s’ils recherchent un soutien technique ou financier.

                   Pour conclure, les ONG ont indiqué que, si les décideurs cèdent au lobby et industrie et que la certification est promue dans la directive anti-déforestation de l’Union Européenne, le règlement ne sera pas efficace, car non seulement il perdra son potentiel de fournir les informations nécessaires pour se conformer aux le règlement mais perd sa capacité à freiner la déforestation et la dégradation des forêts.

                  Par TANKEU GAPET Sandrine

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