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LES CONSEQUENCES DE LA DEFORESTATION DES FORETS D’AFRIQUE DE L’OUEST ET CENTRALE DUE A LA PRODUCTION DU CAOUTOUCH SUR LES POPULATIONS RIVERAINES SELON LE RAPPORT DE L’ONG GLOBAL WITNESS

111Le rapport d’enquête effectuée par l’ONG Global Witness et publié le 16 juin 2022 dernier, fait état de ce que la production du caoutchouc est la principale cause de déforestation en Afrique de l’Ouest et du Centre.

      En effet, d’après les analyses de cette organisation, les plantations industrielles de caoutchouc en Afrique de l’ouest et central sont liées à près de 520 km2 de déforestation depuis les années 2000. Les données de Global Witness suggèrent fortement que l’importation la plus importante de l’UE en provenance d’Afrique occidentale et centrale en termes de destruction de la forêt tropicale est le caoutchouc naturel.

              Selon les résultats de l’enquête de l’ONG Global Witness, les communautés forestières de la région sont confrontées à une pression croissante sur leurs terres et leurs moyens de subsistance en raison des plantations de caoutchouc, dont certaines auraient été établies sans leur consentement, occasionnant ainsi des manifestations. Les communautés riveraines se plaignent du manque d’eau potable, de la perte de terres agricoles et de terrains de chasse.

             En fait d’après le rapport de cette ONG, l’impact du caoutchouc va bien au-delà de la destruction des forêts. Les militants de la région affirment que l’intensification de la concurrence pour les terres tirées par le caoutchouc, entre autres produits de base, entraîne une augmentation de la pauvreté et de l’insécurité pour les communautés qui perdent l’accès aux terres sur lesquelles cultiver ou chasser.

                  A ce propos, Samuel Nguiffo, a déclaré : « Si vous regardez la demande mondiale de terres en Afrique, la moitié de celle-ci provient du caoutchouc et de l’huile de palme ». Plus encore, celui-ci a indiqué que : « Les terres utilisées par les entreprises pour planter l’hévéas sont des terres perdues par les communautés ».

                  D’après ce documentaire, l’un des projets de caoutchouc les plus controversés d’Afrique est Sud Cameroun-Hévéa qui a favorisé le défrichage de plus de 10 000 hectares de forêt entre 2011 et 2018. Des habitants ont expliqué à un membre de l’ONG Global Witness comment l’arrivée de la plantation Sudcam avait rendu leur survie plus difficile. Les membres des groupes autochtones « pygmées » Baka, qui vivent en grande partie de la chasse et de la cueillette, ont été particulièrement touchés.

                Dans ce rapport, Joseph, un Baka habitant le village de Bitye, raconte : « Avant Sudcam, dans la forêt, nous avons tendu nos pièges de chasse. Si j’avais besoin d’écorce pour me soigner, j’irais juste derrière ma hutte ». Pour continuer il déclare : « Aujourd’hui, nos femmes ne peuvent plus aller pêcher ni cueillir des fruits… J’avais des cacaoyers que j’ai plantés quand nous vivions dans la brousse. Ceux-ci sont abandonnés parce qu’il nous est interdit d’aller à cet endroit maintenant ».

              D’après ce documentaire, les Baka disent qu’ils n’ont pas été consultés ni leur consentement demandé lorsque les planteurs sont arrivés. Victor, un autre voisin de Bitye, raconte comment ils ont été contraints de quitter la forêt. « Ils sont arrivés un matin et nous ont trouvés dans notre camp », a-t-il dit. « Ils ont dit que nous devions partir », car « Sudcam avait déjà pris cette forêt. Nous avons tout abandonné et sommes partis. Nous n’avons jamais été relogés ».

             La perte de terres sur lesquelles cultiver, chasser et pêcher a commencé à créer des conflits au sein des communautés selon les villageois. Jean-Paul, un chef du village de Ndjikoum nous a dit : « La bataille pour la terre est lancée », « Les gens se disputent les bouts de terre qui nous restent ».

            Pour conclure son rapport d’enquête, l’ONG Global Witness a indiqué que, « Jusqu’à ce que les plans législatifs actuels sur la déforestation soient mis à jour pour inclure le caoutchouc, les consommateurs de l’UE et du Royaume-Uni continueront d’alimenter involontairement la destruction de certaines des forêts les plus critiques du monde pour le climat ». Car, « En omettant le caoutchouc, les efforts législatifs actuels ne parviennent pas à enrayer l’un des impacts les plus dévastateurs de l’Europe sur les forêts du monde. Il n’est pas trop tard pour changer de cap ».

(https://www.globalwitness.org/en/campaigns/forests/rubbed-out/?utm_source=hootsuite&utm_medium=twitter_)

                   Par TANKEU GAPET Sandrine

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