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LES RIVERAINS RÉCLAMENT LA RESTAURATION DE LEUR 10% SUR LA REDEVANCE FORESTIÈRE

bois670investiraucameroun.com – 13/11/2015

Profitant de l’ouverture jeudi de la session budgétaire au Parlement, l’ONG Forêts et développement rural a présenté, le 11 novembre dernier à Yaoundé, un plaidoyer sur le sujet

Profitant de l’ouverture ce 12 novembre 2015 de la session budgétaire au Parlement, l’ONG Forêts et développement rural (Foder), entourée de chefs traditionnels des communautés riveraines des zones forestières du Cameroun et de représentants des comités locaux de gestion de la redevance forestière annuelle (RFA), ont réactivé, le 11 novembre dernier à Yaoundé, un plaidoyer lancé depuis quelques mois auprès des autorités publiques camerounaises, afin que soit restaurés les 10% de la RFA qui revient aux communautés.

Cette quote-part, ont-ils rappelé, a été supprimée dans la loi de finances de 2015, et une décision de la direction générale des impôts est venue réaffecter les 10% revenant habituellement aux communautés riveraines des forêts, entre les communes et les agents de recouvrement, à raison de 5% pour chacune des parties. Le plaidoyer des ONG, des parlementaires et des communautés suite à cette décision, apprend-on, a provoqué la suspension de la décision du directeur général des impôts par le Premier ministre.

A la veille de l’ouverture de la session parlementaire devant aboutir au vote du budget de l’Etat pour l’année 2016, les communautés souhaitent donc que leur quote-part sur la RFA soit restaurée, avant de passer à l’examen et la résolution des problèmes qui minent la gestion de cette redevance dans le pays. Laquelle manne est, selon eux, leur source de revenue la plus importante, dans ce sens qu’elle permet de réaliser des projets de développement local et motive les riverains à veiller à la protection des forêts.

En effet, a par exemple expliqué Luc Ndebe, président d’un comité de gestion de la RFA dans l’arrondissement de Ngwei, le projet d’électrification rurale entamée avec la part de la RFA versée aux communautés est aujourd’hui interrompu. De même, ce dernier craint que l’école de Lomié, dans la région de l’Est, soit de nouveau fermée cette année, après deux premières fermetures entre 2013 et 2014. Elle n’a été rouverte depuis la dernière rentrée scolaire qu’après que l’Etat ait versé aux communautés, leur quote-part sur la RFA de 2014. Laquelle quote-part permet de payer les enseignants recrutés par la communauté pour cette école.

Cependant, à l’observation, ces exemples de contribution de la RFA au développement des communautés riveraines des forêts ne constituent qu’une éclaircie sur le sombre tableau de la gestion de la manne forestière par les communes et les communautés au Cameroun. Les gestionnaires de ces fonds étant plus enclins à la satisfaction d’intérêts égoïstes qu’à la recherche du bien-être communautaire.

Pour preuve, la commune de Yokadouma, à l’Est du pays, qui, pendant des années, a obtenu annuellement entre 700 millions et 1,3 milliard de francs Cfa au titre de la RFA, demeure un grand village. Il n’y a pas de route, l’électricité est rationnée entre 5h du matin et 16h du soir, le chantier de la mairie est à l’abandon depuis des années et, cerise sur le gâteau, les agents communaux restent souvent des mois sans salaires. Un maire de cette commune est d’ailleurs actuellement incarcéré pour des raisons liées à la gestion de la RFA.

 

 

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