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CAMEROUN : LES PYGMÉES FACE A LA PROBLÉMATIQUE FONCIÈRE.

arton2720La minuteInfo, décembre 2015

Premiers habitants de la forêt camerounaise, les Pygmées constituent une minorité analphabète, primitive et totalement marginalisée, tant sur le plan social qu’économique ou politique. Les «Bagyeli», ont été déplacés de leurs terres ancestrales plusieurs fois, sans avoir été recasés. Les « Bagyeli » sont des pygmées qui sont victimes de l’accaparement de leurs terres, depuis que la Société camerounaise des Palmeraies (Socapalm), une entreprise spécialisée dans la production d’huile de palme, a décidé d’étendre ses plantations de la Kienke, localité située à une trentaine de kilomètres de Kribi, chef –lieu du département de l’Océan région du Sud Cameroun.

Dans le cas d’espèce, les «Bagyeli» n’ont bénéficié d’aucune mesure d’accompagnement comme c’est souvent le cas pour certaines communautés locales et tribales. Rendu du nom du lieu où ils se sont établis. Là-bas, nous avons rencontré la communauté « Bagyeli ». Au départ les chefs de famille de ce groupe tribal, étaient une cinquantaine. Il n’en reste plus que vingt-cinq. Les autres ont choisi de retourner en forêt pour retrouver leur milieu naturel.

Au village Bipindi, ils vivent dans des maisons de fortunes, construites en bambous de chine, de paille et de plastique.

Les habitants sont régulièrement mis cellule pour avoir recueilli des produits alimentaires aux abords de la plantation. Aussi, même les droits d’usage ne leur sont pas reconnus.

Ressources naturelles

Les pygmées Bagyeli, n’ont pas plus de droits sur les ressources naturelles dont sont dotées leurs terres. A titre d’exemple, ils ne peuvent plus couper du bois, sans autorisation des agents de gardiennage de la société Socapalm. Ils boivent une eau stagnante, qu’ils puisent dans un marécage. Ils n’ont pas d’énergie électrique. Les produits de la forêt qui leur servent d’alimentation de base à l’instar des feuilles de manioc et le gibier, n’existent plus ou se font rares. Ils n’ont pas accès aux soins de santé primaire. Et l’école est située près de dix kilomètres de leur lieu de résidence.

Ce groupe ethnique, perd petit à petit son authenticité. A l’époque, nous explique une femme d’âge avancé, « nos parents nous accouchaient sur des feuilles tissées de bananiers et après la naissance d’un enfant, on l’amenait en forêt. C’était notre culture. Les arbres ont été détruits par l’homme blanc qui nous mène une guerre » explique Madame Yimbo Madeleine.

« Les autorités politiques nous interdisent de parler aux ong, aux hommes et femmes de médias, bref aux étrangers de nos problèmes. C’est le cas du sénateur Mba Mba » nous précise notre traductrice Regina Anaba et de poursuivre, «ils préfèrent que nous vivions dans l’oubli ».

Loin de cette misère, à quelques kilomètres de là, les cadres de la Socapalm et les employés vivent dans les conditions modernes acceptables. Dans une cité d’ouvriers ou de cadres, qui possède de l’eau potable, de l’électricité des aires de jeu, une infirmerie.

La Socapalm continue son implantation. A Kienké, elle possède déjà de vastes étendues de palmeraies. Nous avons remarqué quelques pépinières, preuve qu’une extension est prévue. L’entreprise va étendre son implantation, sur des terres appartenant aux populations autochtones.

Si rien n’est fait, les Bagyeli vont disparaitre.

 

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